Des propriétaires engagés pour la protection des milieux naturels
La conservation vise à protéger les attraits naturels d’une propriété en terre privée. Elle est initiée par la volonté des propriétaires fonciers et des groupes de conservation sans que l’État n’y intervienne nécessairement.
En date du 26 février 2026, grâce aux propriétaires fonciers, ce sont plus de 1 864 sites pour 85 285 de milieux naturels protégés à perpétuité au Québec.
Ils ont ainsi laissé un héritage précieux aux générations futures tout en profitant des avantages offerts par la protection à perpétuité des forêts. Connexion Nature a accompagné plus d’une cinquantaine de propriétaires privés dans leurs démarches de conservation volontaire depuis plus de 20 ans.
Citation
J’ai un grand attachement pour ce boisé que j’ai protégé pendant plusieurs années. Je suis très fier et heureux de savoir qu’en vendant mon boisé à un organisme de conservation, comme Connexion Nature, il sera entre de bonnes mains et protégé à perpétuité.
Carl Dubois-Bélair
Des options pour tous les goûts !
Déclaration d’intention
C’est une entente morale qui démontre l’intérêt du propriétaire envers la conservation de ses milieux naturels. Sans implication légale, elle permet tout de même la sensibilisation et l’éducation et potentiellement même la collaboration concernant certains enjeux de conservation.
Cette étape représente souvent l’étape initiale de la création d’une relation de confiance entre le propriétaire et l’organisme, puisque cette entente peut prendre fin n’importe quand et repose uniquement sur l’honneur. Cependant, elle ne procure aucun cadre légal à la protection de la terre et ne permet pas au signataire de bénéficier d’avantages fiscaux.
Servitude de conservation
C’est une entente qui offre une protection légale à la terre et contraint le propriétaire de renoncer à certaines activités qui sont à l’encontre de la vocation de conservation nouvellement établie. La nature du contrat va déterminer la durée ainsi que les restrictions d’usages. Une compensation monétaire accompagne également cette entente. L’entente permet de définir les activités permises sur la propriété. Ce régime d’activité doit être compatible avec la conservation de l’intégrité écologique du milieu naturel.
En vertu du Code civil du Québec, la terre faisant l’objet d’une servitude, appelé « fond servant », doit être avoisinante à une terre ayant un lien écologique direct appartenant à l’organisme de conservation qui est gestionnaire de la servitude, le « fond dominant ». L’organisme s’engage à effectuer des suivis réguliers avec le propriétaire afin d’assurer le respect de la servitude.
Cette entente, accompagnée de la désignation du territoire en tant qu’écosensible, permet l’admissibilité au programme de dons écologiques.
Réserve naturelle
La Réserve naturelle en milieu privé est une entente entre le propriétaire et le ministère de l’Environnement conjointement effectuée avec un organisme de conservation à but non lucratif, en vertu de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel. L’entente doit être au minimum d’une durée de 25 ans jusqu’à la perpétuité. La reconnaissance doit être soumise pas le propriétaire.
Cette entente permet au propriétaire de bénéficier exemption des taxes foncières municipales et scolaires en plus d’avoir du support administratif ministériel concernant les infractions d’autrui sur la propriété (intrusion, dommage).
*À noter que les délais de traitement de la demande peuvent être importants.
Autre mesure de conservation efficace en terre privée (AMCE)
Une AMCE est une zone géographiquement délimitée qui est gérée de façon à obtenir des résultats positifs et durables à long terme, minimum 25 ans à perpétuité, pour la biodiversité et les services écosystémiques. Cette reconnaissance est fondée sur les moyens et les pratiques de gestion qui sont déjà en place. Une AMCE n’apporte pas de régime d’autorisation supplémentaire pour les gestionnaires locaux. Cette gestion efficace vise à réduire les menaces et les impacts négatifs sur la biodiversité et elle est assurée par le propriétaire.
Ils font référence à, entre autres :
– Règlements, lois ;
– Collaboration avec un organisme de conservation pour favoriser l’atteinte d’objectif de conservation
– Servitude de conservation, servitude forestière
– Utilisation de plans de gestion, de conservation, etc.
Afin d’obtenir cette reconnaissance, une demande est envoyée au ministère de l’Environnement. Lorsque la zone répond au critère d’une AMCE, celle-ci est inscrite au Registre des aires protégées et des AMCE du Québec. Il n’y a pas de superficie minimale pour obtenir une reconnaissance comme AMCE.
Lorsque les sites de conservation volontaire respectent certains critères, ceux-ci peuvent être inscrits au Répertoire des sites de conservation volontaire du Québec.
Vente
La vente à juste valeur marchande à un organisme de conservation permet la protection à perpétuité des attraits naturels de la propriété. Cependant, aucun avantage fiscal n’est en déduit et donc le gain en capital est imposable. Le vendeur renonce ainsi tout droit à la propriété. Différentes options de vente sont possibles dont le droit de premier refus. Il s’agit d’une entente par laquelle un propriétaire s’engage à avertir l’organisme de conservation de sa décision de vendre en premier, assurant ainsi que ce dernier puisse l’acquérir.
Don
Il représente le don d’une propriété désignée écosensible à un organisme de conservation. En vertu de la Loi sur l’impôt sur le revenu, cet acte légal implique d’importants avantages fiscaux, dont la réduction d’une valeur équivalente à celle du don sur le revenu imposable du donateur et l’exemption de l’impôt sur le gain en capital.
Administré par Environnement Canada, le programme requiert que le donateur dispose au préalable d’une servitude de conservation. L’obtention d’un visa fiscal par le gouvernement et une attestation de la juste valeur marchande sont nécessaires pour que le don soit reconnu. Cette démarche peut permettre d’acquérir le titre de réserve naturelle simultanément. Une propriété peut faire l’objet d’un don partiel accompagné d’une vente.
Des exemples près de chez vous
La Réserve Naturelle du Bois-des-Patriotes est née du duo gagnant entre la vente et le don écologique d’une terre privée de 270 ha à Saint-Denis-sur-Richelieu. Ce geste a permis de protéger à perpétuité des espèces rares et en situation précaire, ainsi que la plus grande tourbière légalement conservée dans la région. Ainsi, les anciens propriétaires ont pu apporter un soutien inestimable à la conservation des milieux naturels, se garantir des avantages financiers et fiscaux ainsi que conserver le patrimoine familial.
La Zone de conservation du Parc-de-l’Érablière est une des premières AMCE reconnues en terre privée au Québec. Propriété d’une superficie de 4 ha et située dans la ville de Mont-Saint-Hilaire, est composée principalement d’une érablière sucrière riche et mature. On y retrouve cinq plantes désignées vulnérables au Québec dont le noyer cendré, également en voie de disparition au Canada. En 2023, la Ville de Mont-Saint-Hilaire a signé une servitude réelle et perpétuelle de conservation et en 2024 des démarches de reconnaissances en AMCE ont été entamées. Ce milieu boisé est protégé à perpétuité et grâce à ces moyens de gestion, issus de la servitude, la conservation in situ de la biodiversité est assurée.