Question: Certaines histoires parlent d’une grenouille qui se transforme en bœuf, d’un crapaud qui se change en prince, mais connaissez-vous l’histoire de la rainette qui devient cristaux de glace?
Réponse: En effet, on peut trouver de petites rainettes gelées dans les arbres l’hiver!
T’es pas sorti du bois !
Lorsque les températures froides s’abattent sur la province, chacun doit prendre les mesures qui s’imposent. Certains anoures tels que les rainettes se reposent sur leur capacité à congeler sans dommages!
C’est le cas de la rainette faux-grillon de l’Ouest, de la rainette crucifère et de la rainette versicolore, les trois espèces de rainettes que l’on retrouve dans la Région de biosphère du mont Saint-Hilaire. La rainette est une petite grenouille arboricole aux doigts munis de ventouses qui fait partie de l’ordre des anoures au même titre que les grenouilles et les crapauds.
Pour survivre à l’hiver, les rainettes vont hiberner dans la cavité des troncs, des branches, ou cachée à travers les feuilles accumulées au sol. Lorsque la température atteint -5°C, le cœur et les poumons cessent de fonctionner et de minuscules cristaux de glace se forment dans le corps sans endommager les cellules. Cette capacité antigel provient d’une solution hautement concentrée en glucose ou en alcool de sucre présent dans les cellules. Au printemps, au moment du dégèle, les organes se remettent à fonctionner et la rainette reprend vie, à condition de ne pas avoir gelé à plus de 65%.
Statut de l’espèce
Malheureusement, depuis 1990, la rainette faux-grillon de l’Ouest a perdu près de 90% de son aire de répartition historique en Montérégie. Au mois de septembre 2001, elle a obtenu un statut d’espèce vulnérable au Québec. Elle est également inscrite à titre d’espèce menacée à la Loi sur les espèces en péril depuis 2010. Pour sa part, la grenouille des marais présente dans la Région de biosphère du mont Saint-Hilaire est susceptible d’être désignée espèce menacée ou vulnérable.
De façon générale, les anoures sont particulièrement affectés par la destruction et la perturbation de leur habitat (Exploitation, fragmentation et perte de superficies). Les développements routiers, agricoles et urbains sont des menaces directes au maintien des populations. Les caractéristiques propres aux amphibiens rendent également les anoures particulièrement sensibles à la qualité de l’eau et aux contaminants qu’on y retrouve.
Actions entreprises par Connexion Nature
Les anoures sont présents dans une variété d’habitats, des forêts jusqu’aux plaines, dans les arbres, au sol ou dans l’eau. Néanmoins, quelle que soit l’espèce, elle dépend entièrement des milieux humides pour sa reproduction. Ainsi, la présence d’anoures dans une région est un bon indicateur de la qualité des milieux humides.
C’est pourquoi Connexion Nature effectue un suivi des anoures présents dans la Région de biosphère du mont Saint-Hilaire depuis 2011. Des dizaines de bénévoles ont effectué des milliers d’observations de ces espèces, et ce, année après année. Il s’agit d’informations essentielles afin de connaitre leur répartition dans les milieux humides de la région et d’identifier les habitats sensibles à protéger. Cet inventaire annuel permet d’ailleurs de brosser un portrait plutôt juste de la santé de notre environnement.